Taxis paris solidaires
Taxis paris solidaires
de Laurent Lasne
essai (illustré de dessins de François Brosse)
312 pages
29 €
juillet 2007
ISBN : 978 2952195133
THEME
L’histoire coopérative du taxi déboule sur le pavé parisien en 1872.Un jour, un certain Dardelle, co-fondateur de la plus ancienne association de cochers, jeta des phrases comme on lance un gros mot : « Chez nous, on partage les bénéfices au prorata du travail ». L’élan coopératif et solidaire venait d’être donné. En octobre 1886, les 24 coopératives de cochers en activité à Paris portent des noms qui désignent des ambitions parfumées d’utopie : l’Espérance, le Progrès, l’Egalitaire…
Mais voilà que dans les derniers virages d’un XIXe affairiste, l’automobile fit son apparition avec, sur la banquette arrière, des hommes de la finance emballés par l’engin pétaradant. Exit la civilisation du cheval. L’auto triompha ! La modernité venait de changer de véhicule et, faute de capitaux suffisants pour investir dans le cheval-vapeur, les coopératives de cochers mordirent la poussière.
Jusqu’à la fin des années 60, les grandes compagnies de taxis s’ouvrirent un boulevard qui finit par être embouteillé. Paris ? « Garage en folie », dira Louis-Ferdinand Céline. Les profits ne sont plus à l’heure au rendez-vous. Le mitterrandien André Rousselet, patron de la G7, Robert Catherine, surnommé l’Empereur du taxi, à la tête de la Sgl, le pompidolien Pierre Juillet, pdg d’une holding qui contrôle la compagnie Gat, partagent le même constat : le système salarial arraché par les chauffeurs de taxi en 1936 n’est plus tenable.
Ils se désengagent fissa de l’exploitation directe du taxi par « le travail au forfait » (G7) ou « l’actionnariat salarié » (Gat, Sgl) rendu possible par les ordannances d’août 1967 voulues par le général de Gaulle. L’actionnariat ? une aubaine pour les chauffeurs qui osèrent pousser le bouchon de la logique participative jusqu’au bout en transformant ces entreprises capitalistes en coopératives !
Les trois compagnies coopératives (Barco, Gat, Taxicop) nées de ces chamboulements, scelleront un pacte d’alliance qui donnera naissance au groupement Gescop et au central radio Alpha Taxis… pour « vivre le taxi autrement ». Depuis qu’ils ont pris en main leur destin professionnel, les 1130 chauffeurs associés de Gescop véhiculent une pratique concrète de l’économie participative et solidaire.
L’auteur, Laurent Lasne, ancien journaliste, entretient une “mémoire solidaire” en ayant consacré plusieurs ouvrages à l’histoire des coopératives de production. Il a publié en 2009 un Traité d’économie sociale à l’usage des malentendants.
PRESSE
« La réputation des taxis connaît des hauts et des bas… La première moitié de l’ouvrage s’attache à décrire, depuis 1630, l’époque des voitures de louage et des cochers de fiacre ainsi que le passage des voitures à cheval aux taxis automobiles. Confrontés à la modernisation, à l’exploitation et à l’incurie des pouvoirs publics, de nombreux chauffeurs (aidés, mais parfois contrés par les syndicats) ont cherché, au cours des XIXe et XXe siècles, des voies associatives de résistance. La seconde moitié du livre décrit, à la lumière de la coopérative Gescop – Alpha Taxis (première structure parisienne en terme de détention de licences de taxis), un fonctionnement innovant, car de qualité, égalitaire et solidaire, mais toujours à construire et à renouveler. Un éclairage étonnant sur cette activité. »
Le Monde diplomatique, Bruno Lombard, juillet 2008
« L’ouvrage est aussi l’occasion de plonger dans la (pré)histoire des taxis parisiens, leur organisation, la réglementation à laquelle ils furent astreints, les modèles économiques conçus tant bien que mal pour rentabiliser une activité située entre monopole et concurrence. Une lecture captivante. »
Alternatives économiques, novembre 2007

